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Archive for décembre 2012

Les Mémoires d’Adam, Éditions de l’Allée, 1986, p. 197-198.

Les relations de l’auteur avec Adam sont longues, très longues, et se confondraient presque avec la vie d’Albert-Birot. Il est possible d’affirmer que toute son œuvre est adamique. Dès ses premiers essais, il fut attiré par cette figure du premier homme, au commencement de tout, à l’origine du monde auquel, en fait, il va donner existence tout en le déchiffrant et en se l’appropriant.

Ce fut d’abord comme peintre qu’Albert-Birot s’intéressa à Adam. Sur une photographie prise dans son atelier du boulevard Saint-Jacques, en 1902-1903, on distingue sans peine une toile représentant le couple Adam et Ève au bord de la mer. La photographie d’une autre toile aujourd’hui disparue, datée de 1912, nous montre Adam, aux genoux d’Ève, sous un pommier. Il avance la main pour caresser celle de sa compagne, assise. Ils sont vus de profil et traités à la fresque ; silhouettes simples mais dont les contours sont soulignés. Ajoutons un petit Abel contemporain, reproduit sur carte postale avec une mention manuscrite : Abel – Tableau – peinture à l’huile mate – largeur 1, 20. On peut en déduire une hauteur d’un mètre. Toujours dans le fonds Albert-Birot, une pochade à l’huile sans date, 16,5 x 13,5, vraisemblablement de ces mêmes années 1912, esquisse un Adam et Ève en marche, nus de face, se tenant par la main, dans une ébauche de paysage maritime, où le ciel tient les deux tiers de la place.

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 « La Panthère noire ou le retour à l’ordre », dans Pierre Albert-Birot, Laboratoire de modernité [colloque de Cerisy, 1995], textes réunis par Madeleine Renouard, Paris, Jean-Michel Place, 1997, 324 p., p. 166.

À plusieurs reprises, Pierre Albert-Birot nous invitera à considérer son œuvre comme une quête du Graal. De façon burlesque dans Grabinoulor (p. 462-466), où il nous est dit clairement que la quête est mille fois plus intéressante que le but de la recherche. Dans Grabinoulor encore, où elle se transforme en une course contre la montre, éperdue, autour d’un monde arpenté en moins de deux heures (p. 766-784) ; ou en une course poursuite contre la mort (p. 814-818), que le chevalier Évran doit mener pour retrouver le souffle vital, derrière un Grabinoulor qui se transfigure en verbe triomphant ; mais plus encore vers la fin de sa vie, quand Pierre Albert-Birot regroupa un ensemble de poèmes des années 1960, pour la plupart inédits à ce jour, sous le titre explicite : « À la quête du grain ». Il m’apparaît que La Panthère noire se trouve à l’un des embranchements de cette quête, comme on parle des branches dans les gestes médiévales.

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