Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for janvier 2013

C’était quelques jours avant le 28e Marché de la Poésie, dans le cadre des Périphéries, Christiane Tricoit nous avait réunis pour la sortie du n°40 de Passage d’encres (numéro « pures données », dirigé par Hélios Sabaté Beriain). Arlette était là. C’était le dimanche 30 mai 2010. Et c’était le jour de la fête des mères.

David Christoffel

Écoute ici : http://www.dcdb.fr/data/2010_05_30_annonce_arlette.mp3

Publicités

Read Full Post »

« Pierre Albert-Birot et les Poèmes à l’autre moi. La réconciliation avec soi », dans Le Bonheur de la littérature – Variations critiques pour Béatrice Didier, sous la direction de Christine Montalbetti et Jacques Neefs, PUF, 2005, p. 311-319.

Tour à tour proie du doute ou de l’affirmation de soi triomphante, fût-ce à travers son héros porte-parole – « Grabinoulor est plus fort que tous les engrenages » (I, 1) –, il faut désormais en arriver au face à face, à l’exploration de ce moi qu’il connaît encore mal, que tour à tour il déteste ou prend en quelque considération. Au moment où il écrit les premières lignes du recueil, Pierre Albert-Birot a recours à un étonnant subterfuge : le livre à venir s’intitulera « Poèmes à Dieu ». Il s’en ouvre à André Marcou, poète ami très catholique qui va suivre de près ce moment de l’écriture d’Albert-Birot. Haut-le-cœur de l’interlocuteur qui, réprouvant absolument le titre proposé, libère du même coup Albert-Birot, lequel annonce tranquillement : alors, ce sera Poèmes à l’autre moi. Tout est plus clair désormais, l’auteur sait qui se trouve devant le miroir où déjà il s’est complu à s’observer longuement, soit pour des autoportraits à l’huile, des photographies avec d’infinis jeux de reflets, soit encore pour des séries d’esquisses rapides à l’encre de Chine où il déforme son visage, tour à tour grimaçant, coléreux, hargneux, ébaubi ou hilare[1] ; de plus, les temps sont venus, il lui faut explorer l’image mentale de cet être qu’il recherche et fuit avec la même ardeur, la même curiosité angoissée.


[1] Voir une série de reproductions dans Lentengre, op. cit., p. 15, 75, 172.

Read Full Post »

« Pierre Albert-Birot, Les Mémoires d’Adam, Silex, Grabinoulor ou le chaos maîtrisé », Londres (Birkbeck College, University of London), La Chouette, n°32, 2001, p. 53.

Dans Silex, poèmes des cavernes, Pierre Albert-Birot fait un bond énorme dans le temps. Du légendaire Adam, il passe à ceux qu’il nommera ses « archipères », d’autant plus mystérieux que nous avons parfois l’impression de les toucher du doigt. Ils tiennent une grande place dans l’œuvre, au détour d’un poème[1], d’un essai sur le temps[2]. Ils se nichent parfois au creux d’une phrase à peine allusive. Albert-Birot tient à cette chaîne ininterrompue de l’histoire des hommes, proclame sa dette et se cherche lui-même dans le déroulement de l’aventure. Si Adam tient au verbe, l’homme balbutiant des cavernes nous transmet des signes, gravés au silex dans la pierre dure. Silex nous dit, sous la forme la plus elliptique, avec des ébauches de phrases qui semblent hésiter, comme pour trouver la juste formule, les découvertes, les bonheurs et les angoisses des premiers hommes. Silex se situe sans doute quelques milliers d’années avant les artistes des grottes de Lascaux, de Pech Merle ou des Combarelles. Nous sentons bien que l’être primitif dans lequel Albert-Birot s’incarne vit au cœur même d’un chaos qu’il perçoit comme tel parce qu’il ne le comprend pas. Et tout le cheminement de Silexn’est là que pour le conduire à une sorte d’apothéose.


[1] « Poèmes à crier à danser », La Lune, 1924, puis Rougerie, 1992, « Siècles », Les Amusements naturels, Denoël, 1945, puis Rougerie, 1983 ; La Belle Histoire, avec des gravures de Staritsky, Gaston Puel, 1966, puis Rougerie, 1985.

[2] Mon ami Kronos, inédit.

Read Full Post »