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Archive for mars 2013

Pierre Albert-Birot, Poésie 1916-1924 (La Lune ou le livre des poèmes), Mortemart, Rougerie, 1992, 252 p., p. 9.

Les dix premiers numéros de SIC – janvier-octobre 1916 – furent réalisés dans le très petit atelier d’un imprimeur polonais, Rirarchovsky, qu’Albert-Birot avait découvert dans son quartier, 50, boulevard Saint-Jacques, et qui pratiquait des prix excessivement raisonnables. Pierre Albert-Birot suivait passionnément le travail de composition de sa revue. Devant l’intérêt manifesté par le couple Albert-Birot, Rirarchovsky ne tarda pas à leur suggérer de s’équiper. Il conseilla peut-être l’achat : la machine la plus simple et, partant, la moins onéreuse : une presse à bras sans encrier. On dépose à la spatule, sur un disque de 34 cm de diamètre, l’encre typographique à la consistance pâteuse. Le bras du levier entraîne trois rouleaux de caoutchouc synthétique qui viennent d’abord étaler l’encre sur le disque, tout en lui impulsant un petit mouvement rotatif de 1/10e de tour environ, avant d’aller enduire la forme qui porte la composition. Le tirage s’effectue manuellement, feuille après feuille.

Ce matériel assez rudimentaire est toujours en service.

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« Pierre Albert-Birot, SIC et le futurisme », Paris, Europe, mars 1975, p. 102-103.

Dans ce même numéro[1], GUERRE, gravure sur bois est sans doute l’essai d’expression plastique le plus futuriste de Pierre Albert-Birot. Cette œuvre le hanta pendant toute une année. Petites esquisses, encres de Chine, pastels et enfin grande huile sur toile permettent de suivre son obsession. Rien que par les formes – et ensuite la couleur – rendre présente la guerre qui se déchaîne ; on pressent même la guerre atomique !

Pourtant, dès le numéro suivant, le 6, on peut sentir une évolution de la pensée de notre auteur. Il crée son « isme », un peu par dérision, par agacement de les voir proliférer autour de lui, et ce sera le « NUNISME », du grec NUN, maintenant, à présent, un peu comme s’il voulait ainsi annuler tous les autres. Il est indéniable que Pierre Albert-Birot a puisé à pleines brassées dans cette nouveauté fracassante, que grâce à tout ce qui fut tenté à son époque il a pu se libérer, se sentir le droit et le devoir – de tout oser, de tout dire. Sa dette est immense, il le sait et l’affirmera jusqu’à la fin. Mais il redoute les « systèmes », les théorisations excessives ; il craint par-dessus tout d’aliéner liberté, indépendance ; il ne veut pas que, pour lui, le futurisme devienne une bannière de ralliement. Il trouve la doctrine redoutable, si le tremplin qu’elle lui a fourni est inappréciable.


[1] SIC, n° 5, mai 1916.

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