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Archive for août 2013

Arlette Albert-Birot : L’Homme coupé : histoire invraisemblable, Bonaguil, La Barbacane, 1995, 299 p., préface de Max Pons, postface d’Arlette Albert-Birot (« La Tranquillité d’Adam ») et notes, p. 288-289.

L’HOMME COUPE EN MORCEAUX, « TROIS ACTES POUR ACROBATES, JONGLEURS ET ÉQUILIBRISTES, COMPOSES EN 1920 »

Ce « drame comique », selon les termes mêmes de l’auteur, nous fait vivre les derniers jours de la vie des dix derniers hommes sur la terre, en l’an 7900. La nouvelle race, les ooontes – ils ne sont plus que tête – a déjà pris possession de notre planète, si bien qu’en fait chaque action des hommes est surveillée et analysée ; les oontes ne les laissent vivre qu’à cette fin. Les humains – sept hommes et trois femmes – se savent menacés, et se révèlent néanmoins incapables de changer de comportement. Ils ne sont d’ailleurs que des archétypes pitoyables, enfermés dans leurs monomanies irréductibles, mais pourtant pour huit d’entre eux, encore capables de nuire par bêtise, consciente ou génétique. Poire et Cœur, les amoureux, sont sympathiques certes, mais bien trop sots et trop dégoulinants de sentimentalisme pour qu’on les aime vraiment[1]. Le personnage le plus intéressant est évidemment Lerouleur qui, refusant de s’avouer vaincu, est prêt à inventer un dieu dont il serait le Grand Prêtre – et qui sait même s’il ne serait pas tout disposé à croire en la nouvelle idole. Les ooontes, qui voient la situation se dégrader si dangereusement, interviennent à la fin de la pièce, et « engagent » tous les hommes, qui semblent à peine comprendre ce qui leur arrive.


[1] Poire et Cœur appartiennent vraiment à la geste d’Albert-Birot. On les voit à plusieurs reprises, avec un rôle plus ou moins important, au Livre II de Grabinoulor – chapitres 4, 6, 9, 11, 13, 14. Ils sont des protagonistes essentiels de « La Septième Dimension », Cinéma (1920). Dans ces textes, Cœur est amoureuse de Poire qui n’a d’yeux que pour Belle. Poire et Cœur sont les héros d’un synopsis publié en 1924, repris dans la nouvelle édition de Cinéma : « Poire et Cœur parmi les oiseaux et les fleurs », véritable décalque du début du chapitre VIII de L’Homme coupé.

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Arlette Albert-Birot : « Les didascalies dans le théâtre de Pierre Albert-Birot », dans Arborescences : corps, décors et autres territoires, sous la direction de Montserrat Prudon-Moral, Saint-Denis, Université Paris 8 – Vincennes Saint-Denis, coll. « Travaux et documents », no26, 2004, 241 p., p. 153-166, repris dans Arlette Albert-Birot et Traverses, sous la direction de Montserrat Prudon, Traverses, 2011, 150 p., p. 101-112.

L’action principale n’aura pour ainsi dire pas plus d’importance que les autres actions ou fragments d’actions qui la compénétreront ; on ne reculera devant aucun contraste, aucune diversité, aucun inattendu, acrobaties, chants, pitreries, tragédie, comédie, bouffonnerie, projections cinématographiques, pantomimes, le théâtre nunique doit être un grand tout simultané, contenant tous les moyens et toutes les émotions capables de communiquer une vie intense et enivrante aux spectateurs. Pour ajouter encore à cette intensité les multiples actions se dérouleront sur la scène et dans la salle. Pour atteindre à un réalisme plus profond on dédoublera certains personnages de manière à montrer les actes et les pensées, si souvent en contradiction[1].

N’ayant ni unité de lieu, ni unité de temps, c’est-à-dire devant avoir simultanément des scènes à Paris, à New York, à Tokyo, dans une maison, sur mer, sous terre, dans les airs, aux temps préhistoriques, au moyen âge, en 1916, en l’an 2000, il ne peut être question de décor : la lumière seule doit être la peinture de ce théâtre. Toute une palette de projections colorées créera l’ambiance. Quelques objets constitueront les représentations indispensables, ainsi que des projections de pays, de monuments, d’inscriptions[2].


[1] Larountala, Matoum et Tévibar, Matoum en Matoumoisie, L’Homme coupé.

[2] Matoum et Tévibar, Matoum en Matoumoisie, L’Homme coupé.

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