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Archive for octobre 2013

Arlette Albert-Birot, « Ravenger en cage », Londres (Birkbeck College, University of London), La Chouette, n° 23, janvier 1990, p. 51-52.

Le cinéma connaît un développement foudroyant, mais dès lors Albert-Birot s’inquiète de constater qu’il va devenir le haut lieu du réalisme, déversant en images des histoires romanesques et sentimentales, tout ce qu’il déteste ; il voit là une trahison de ce moyen d’expression tellement moderne. Ce qu’il aime au cinéma, c’est le truquage, l’exploit technique, la manipulation du temps et des êtres, la fantaisie, la transfiguration du réel. Il est dans la droite ligne de Méliès, proche parent des rêves de Louis Delluc[1]. Le cinéma doit dire, montrer, être une sur-réalité. Les aventures des héros de Ravengar ne l’intéressent vraiment que lorsque « l’Ombre protectrice », invisible, arrache l’héroïne aux flammes, déplace les objets ou les subtilise, sème d’embûches le parcours de traîtres. Le cinéma montre l’invisible, pure poésie. Le mythe moderne de Ravenger, dans Cage, prend même le pas sur le mythe fondateur d’Icare. Une autre façon de se situer dans la nouvelle querelle des Anciens et des Modernes :

SOYONS MODERNES ; que nos œuvres soient l’expression du temps où elles sont nées, ces œuvres-là seules sont vivantes, TOUTES LES AUTRES SONT ARTIFICIELLES (SIC, n°2, février 1916).


[1] Par exemple, Fumée noire, Silence. V. Louis Delluc, Drames de cinéma, Le Monde nouveau, 1924.

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Arlette Albert-Birot, « Une genèse décapante », dans Le Mensuel littéraire et poétique, n°361, automne 2008, p. 30. Texte écrit à l’occasion de la représentation de La Belle Histoire donnée le samedi 29 novembre 2008 à la Médiathèque de Saint-Etienne-les-Orgues. La Belle Histoire, poème narratif de Pierre Albert-Birot par Philippe Müller et Vincent Vernillat, mise en scène Monique Dorsel.

Quelle est donc cette Belle Histoire ? Pas moins que la genèse de l’univers, que Pierre Albert-Birot nous conte avec toute l’audace dont il sait faire preuve. Fidèle à lui-même tel que les habitués du Théâtre-Poème ont pu le découvrir dans notre repas-spectacle Grabinoulor, c’est avec un humour constant qu’il décrit les étapes de la formation de notre monde. Sa grande narration lyrique débute, comme il se doit, au tout début. À « rien »… si ce n’est rien, c’est déjà trop !

De là Pierre Albert-Birot invente, crée le monde. Il l’élabore étape par étape, jusqu’à aujourd’hui. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pierre Albert-Birot continue son épopée, balaie les temps jusqu’à l’infini futur, en attendant « les Suivants ». La Terre, matrice curieuse, les espère d’ailleurs avec intérêt. Se posant en démiurge indulgent et faussement détaché, Pierre Albert-Birot redécouvre le monde. En 1956, lorsqu’il écrit le texte, les pages sombres et émouvantes du moment de la mort de sa première épouse (qu’on avait pu découvrir au Théâtre-Poème dans Souffle couple souple qui s’accouple) sont bien loin. Au contraire, c’est avec une fraîcheur saisissante, une inventivité jamais démentie, un enthousiasme renouvelé que cet auteur d’alors 80 ans propose de remonter aux sources pures du Verbe. De refaire le monde, en somme… et en améliorant, s’il vous plaît, ce qui peut l’être !

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