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Archive for novembre 2013

Pierre Albert-Birot, Cinémas, préface d’Arlette Albert-Birot (« Pierre Albert-Birot au cinéma »), Paris, Jean-Michel Place, 1995, p., p. 9.

Première occurrence du terme cinématographique, première allusion au cinéma dans l’œuvre du poète. Cette « palette de projections colorées » fait peut-être allusion aux Rythmes colorés de Survage, « dessins animés cubistes[1] », peints par l’artiste en 1912 et 1913. Le même numéro de la revue produit une interview de Guillaume Apollinaire qui, répondant à une question d’Albert-Birot sur le théâtre précise : « Mais le grand théâtre qui produit une dramaturgie totale c’est sans aucun doute le cinéma. »

C’est avec intérêt qu’en janvier 1918, SIC 25 accueille, de Philippe Soupault, « Note I sur le Cinéma » et « Indifférence, poème cinématographique », précédés, contrairement aux habitudes de la revue, d’une NDLR soulignant l’intérêt du directeur de SIC pour ce « nouveau moyen d’expression », susceptible de réaliser « l’ultra-réalisme ».


[1] L’expression est de Claude Fournet dans Survage, Rythmes colorés 1912-1913, catalogue, Musée d’art et d’industrie, Saint-Étienne et Musée de l’Abbaye de Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne, 1973. Survage présenta Les Rythmes colorés dans Les Soirées de Paris, 26-27 juillet-août 1914. Il collabore à SIC à partir du n° 25, janvier 1918.

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Pierre Albert-Birot, Cinémas, préface d’Arlette Albert-Birot (« Pierre Albert-Birot au cinéma »), Paris, Jean-Michel Place, 1995, p., p. 11-12.

Il ne fait guère de doute qu’un temps, le cinéma parut à Albert-Birot le vrai moyen moderne d’échapper à « l’odieux réalisme » qu’il exécra toujours. Il crut à ce qu’il nomma joliment « des ombres sur du calicot »[1]. Il aima la rapidité, le raccourci, le rythme du cinéma. Il se délecta de tous les trucages qu’il utilise lui-même abondamment dans ses scénarios : éparpillement des personnages, simultanéité des actions, télescopages, jongleries avec déformations et escamotages ; sans oublier l’infini plaisir de remonter le temps en faisant défiler la bobine à l’envers.

Selon Albert-Birot[2] le cinéma aurait dû, et pu, être un des hauts lieux de la poésie moderne. Même si, à ma connaissance, il n’est jamais nommé, le cinéma de Méliès donnant vie à l’irréel – au surréel – se trouve au cœur des approches d’un Albert-Birot vite déçu par une évolution qu’il jugea sévèrement. Il sut garder une extrême tendresse pour certaines catégories de « cartoons » comme le « terriblement animé » Jazz rythmé dont, le 4 juin 1930, il fait un compte rendu endiablé, prélude charmant à l’ennui amusé que distille pour lui un Lieutenant Sans-Gêne de Sydney Franklin, avec Ramón Navarro vedette incontestée des années 30 qui réussit à passer du muet au parlant.


[1] Cf. enquête de Ciné-France, p. 193-195.

[2] Pour l’essentiel, on peut dire qu’il se situe dans la lignée du « Manifeste de la cinématographie futuriste » (1916), lui-même précédé de « L’Art de l’avenir » (1910), et du « Cinéma abstrait – Musique chromatique » (1912). Cf. Giovanni Lista, Futurisme, Manifestes Documents Proclamations, Lausanne, L’Âge d’homme, 1973.

 

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