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Archive for mai 2014

« La revue Centres – Georges-Emmanuel Clancier, Robert Margerit, René Rougerie » dans Georges Emmanuel Clancier, passager du siècle, colloque de Cerisy, 24-31 août 2001, dirigé par Arlette Albert-Birot et Michel Décaudin, Limoges, Presses Universitaires de Limoges, 2003, 421 p., p. 41-57, p. 49-50.

Les contributions de Margerit, Rougerie, Clancier, sont prometteuses, mais je ne pense trahir aucun d’eux en affirmant que l’intérêt majeur des cahiers qu’ils ont voulus, tient surtout dans le choix des invités. Une incroyable palette si l’on songe que la revue n’a eu que neuf numéros : Vingt-cinq poètes, trente-trois prosateurs[1], quatre dramaturges – dont Pouchkine et Lorca – qui ne sont publiés qu’une seule fois. On compte aussi sept « témoignages » sur lesquels je reviendrai. Vingt-quatre collaborateurs s’adonnent à la critique littéraire, dramatique, cinématographique, photographique, artistique. Quinze peintres, dessinateurs ou photographes illustrent les neuf livraisons, la plupart du temps en écho à une intervention critique.

Un éclectisme qui est tout à la fois la force et la faiblesse de Centres. Sa faiblesse, car cette variété anthologique peut donner à penser que la revue manque d’épine dorsale, peut laisser un sentiment d’éparpillement, de choix arbitraires ou complaisants, de choix de proximité parfois. Il est évident que nombre de collaborateurs ont sombré dans l’oubli. Mais sa force surtout, car le premier rôle d’une jeune revue, c’est de découvrir, d’offrir une chance aux auteurs et aux lecteurs. Sa force car cette prolifération témoigne de la richesse de la parole libre retrouvée. Il suffirait presque d’énumérer les collaborateurs pour que l’on prenne conscience de la vitalité de ce lieu de réflexion spirituelle évoqué par l’éditorial.


[1] Récits, nouvelles, proses poétiques, lettres…

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Arlette Albert-Birot, « Passage d’un ange », Nice, Nu(e), n°43, janvier 2010.

Pierre Caizergues

SUR ALLUMETTES (1988), RECUEIL DE PIERRE CAIZERGUES ILLUSTRE PAR MICHEL MOUSSEAU.

Le recueil est préfacé par Michel Décaudin et, certes, je ne manquerai pas l’occasion de rendre hommage à celui auquel nos vies furent tellement liées, dans le travail comme dans l’amitié admirative. Il donne une page dense, écrite avec toute la rigueur de sa plume précise. Chaque mot, chaque jeu avec les mots, compte :

Pierre Caizergues joue avec le feu. La transparence de sa poésie est celle de l’eau claire, insaisissable.

 Et à Michel Décaudin de jouer à son tour avec les mots :

Ces poèmes sont des coins qui s’enfoncent dans le néant de la page blanche […] reprise obstinée du lieu et de la formule…

Décaudin sous le signe de Rimbaud, Caizergues sous celui d’Apollinaire, qui n’est jamais bien loin. Le voici dans l’exergue de citations, après un traité d’alchimie, Villon, Charles Sorel, Béranger. Tout cela colle admirablement :

Un mouchoir qui tombe peut être pour le poète le levier avec lequel il soulèvera tout un univers… Une allumette qui s’allume par le frottement… (« L’Esprit nouveau et les poètes »)

La disposition de certains poèmes joue avec les « formes essentielles », toutes géométriques, et je ne résiste pas au plaisir de cet autoportait – de l’allumette ? :

Simul et singulis

 

Je marque d’un éclair

Ma place dans l’éternité

À peine vive

Je brûle de mourir

À peine morte

Je suis cendre

Et m’envole

Mon destin est de m’alléger

Je pèse peu

Ne pose guère

Et consumée

Je feins parfois de vivre encore

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