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Archive for juin 2014

Arlette Albert-Birot, « L’Alfa Romeo n’ira pas à la casse », Livre/Échange, Centre régional des Lettres de Basse-Normandie, n°46, mai 2009, p. 13.

Annie Cohen

L’Alfa – rouge, comme le pneu évoqué –, est bonne pour la casse où la narratrice la conduit le jour même où elle dépose un manuscrit chez son éditeur. Expédition vivement menée du XIIIe à Gentilly, épopée dérisoire et chant des adieux rétrospectif pour l’honnête véhicule qui a permis escapades et virées rituelles – parc de Versailles, abbaye de Port-Royal, palais de l’Élysée où l’auteur se rend pour écrire son portrait du Président[1]. Un pan de vie en compagnie de César, le conducteur attitré, mais aussi de Gigi l’Amoroso philosophe, Julietta, leur chien Méthode « au regard métaphysique », Lévana, Soleil-de-minuit – « l’essence du féminin » –, Caroline l’amie peintre de la Drôme et sa chienne Hourloupe, Lucie qui, lorsqu’elle est amoureuse, hante les « machines à bouffe » comme la Cafétéria Casino, un des hauts-lieux du récit, et aussi « les barjos et les dingues » qui, une fois l’an partent à minuit de Notre-Dame et marchent vers les sources de la Bièvre, une des métaphores favorites de l’auteur, cette rivière souterraine qui se cache sous Paris[2].

L’Alfa ne connaîtra pas la casse puisqu’un Jordanien miraculeux l’achète, la restaure et disparaît avec l’innocent véhicule qui a permis à Annie Cohen de reconstruire son univers mythique et quotidien d’« anorexique sociale cherchant sa place dans l’architecture générale »… cependant qu’elle tricote ses jeux de coïncidences, car « il faut un temps fou pour récupérer des salades familiales ou névrotiques ».


[1] Histoire d’un portrait, Actes Sud, 1992.

[2] La Rivière des Gobelins, Farrago, 2000.

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Dans le cadre de la Périphérie du 32e Marché de la Poésie : 130e Dîner Grabinoulor en musique !

La soirée aura lieu le 21 juin 2014 au Château de La Roche-Guyon (95) à 20h.
Un car au départ de la Porte Maillot assurera l’aller-retour pour les Parisiens inscrits. Départ à 17h précises, rendez-vous devant le Palais des Congrès.

Invité d’honneur : Julien Blaine
Invités : Tahar Bekri, Françoise Dax-Boyer, Seyhmus Dagtekin, Sophie Loizeau et Jacques Rancourt.
Concert Louise Marty (harpe) et Patrick Marty (trompette et percussions).
Lecture d’extraits des Six Livres de Grabinoulor de Pierre Albert-Birot (éditions Jean Michel Place, 2007) par les poètes présents, des comédiens et les convives volontaires.
Avec la participation de Sylvie Moussier, Philippe Müller, Vincent Vernillat.

Repas : 25€/pers. de participation au dîner (nombre de places limité).
Réservation et règlement impératifs auprès de Circé, 12 rue Pierre et Marie Curie 75005 Paris, avant le 17 juin 2014.

Proposé par le Marché de la Poésie et la Compagnie PMVV le grain de sable avec le concours du Château de La Roche-Guyon.

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« Arlette Albert-Birot reçoit Pierre Chabert. Voix, espaces, Musiques. Autour de Samuel Beckett et de Thomas Bernhard », dans Textes espace voix, coll. « Travaux et documents », n° 18, sous la direction de Montserrat Prudon, Université Paris 8, 2002, 257 p., repris dans Arlette Albert-Birot et Traverses, sous la direction de Montserrat Prudon, Traverses, 2011, 150 p., p. 89-92.

Pierre Chabert

Petit à petit, assis devant une table d’étudiant, dans une pièce claire où les auditeurs sont attentifs, se produit une étrange métamorphose. Le discours de Chabert sur la pièce devient la pièce : un livre, un cahier, un stylo, un verre d’eau, entrent dans la représentation, les mains du comédien Chabert s’emparent des objets qui deviennent accessoires indispensables pour nous faire entrer dans l’univers du spectacle qui, pendant un moment de grâce va presque se recréer pour nous. Le corps de celui qui parle se tasse, son regard change, sa voix aussi, Chabert sait alors transmettre l’indicible, le mystère qui habite la pièce de Beckett.

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