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Archive for août 2014

Arlette Albert-Birot, « Une animatrice de l’Esprit nouveau, Roch Grey et ses amis », mémoire de maîtrise, Université de Paris, 1955, 126p. (sous le nom d’Arlette Delaune-Lafont), p. 64.

Roch Grey

Les Mamelles de Tirésias, drame surréaliste, au premier sens du mot, c’est-à-dire allant contre le réalisme de l’époque, celui de Zola, jugé faux, pour essayer d’atteindre un réalisme supérieur et poétique – Tendance générale de l’œuvre de l’Esprit nouveau. Et Roch Grey définit ainsi les Mamelles de Tirésias : « C’est la nouvelle forme d’enseignement au théatre adoptée sous la pression des circonstances… Cet ouvrage peut être aussi bien lu que représenté au théâtre[1] ».

Elle a fait ainsi, si l’on peut dire sa mise au point. Elle veut que l’on tire un enseignement des Mamelles de Tirésias. Là où les gens n’ont vu qu’un divertissement léger, une pochade sans portée, elle a mieux compris, avec son esprit ouvert à tout ce qui est nouveau, qu’il pouvait y avoir une voie de renouvellement pour le théâtre. Elle n’aimait pas la tendance qui enthousiasmait alors Paris : le côté boulevardier des pièces ne l’intéressait pas. Les petites querelles de ménage, les tromperies, l’esprit facile ne pouvaient correspondre à quoi que ce soit de la sensibilité de Roch Grey.


[1] « Guillaume Apollinaire », L’Esprit nouveau, avril 1924, p. 21.

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Arlette Albert-Birot, « Une animatrice de l’Esprit nouveau, Roch Grey et ses amis », mémoire de maîtrise, Université de Paris, 1955, 126p. (sous le nom d’Arlette Delaune-Lafont), p. 54.

Roch Grey

Roch Grey va écrire un long texte puis elle le portera à son grand ami Léopold Survage en lui demandant de graver un bois pour ce texte. Et c’est ainsi que le numéro parut : « L’Homme, la Ville, le Voyage, de Roch Grey avec une gravure sur bois de Léopold Survage ».

J’ai eu la chance de retrouver les épreuves de ce texte et j’ai pu apprécier pleinement le travail de style qu’accomplissait Roch Grey sur son œuvre. Toujours dans le sens de la plus grande concision de pensée, désirant présenter des « idées-forces », elle élaguait son texte, l’aérait, assouplissait son expression. Il s’agit d’une œuvre où Roch Grey essaie de nous donner une interprétation métaphysique de la ville, – réalité inquiétante, confuse, luttant sans cesse, dominée par l’homme, mais parfois en faisant son esclave –, car si l’homme crée la ville, il doit ensuite la faire vivre coûte que coûte, si bien qu’on arrive à ce résultat que l’homme est tué par sa création. Une idée qui n’est pas neuve certes, mais qui est originale appliquée à ce cas si particulier.

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Le 8 mars 1994, dans l’émission « Les Chemins de la connaissance », Arlette Albert-Birot et Michel Décaudin évoquent l’influence de Max Jacob auprès des artistes du début du XXe siècle ; Etienne-Alain Hubert évoque quant à lui le rapport de Max Jacob avec son oeuvre poétique, et sa personnalité.

L’émission est en ligne sur le site de l’Ina : Max Jacob, le poète mystique et mystificateur (2e partie).

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« DI(ART)LOGUE 1, avec Marie-Christine Forget, Michel Mousseau et Jean-Yves Pennec », dans Les Polyphonies du texte, sous la direction de Montserrat Prudon, Al Dante, coll. « Traverses », 2002, 372 p., p. 335-349, repris dans Arlette Albert-Birot et Traverses, sous la direction de Montserrat Prudon, Traverses, 2011, 150 p., p. 73-86, p. 75.

Marie-Christine Forget

Elle aurait pu parler de son travail de compositeur mais c’est uniquement comme chef d’orchestre que Marie-Christine Forget a choisi de s’exprimer. Double curiosité de l’auditoire ; s’il est rare qu’un chef intervienne sans musique et sans musiciens, il est encore plus rare que ce chef soit une femme.

Notre musicienne a éliminé de son texte une confidence aux participants à la table ronde. Dans notre pays, les femmes chefs d’orchestre sont très peu nombreuses – les doigts d’une main suffisent à les compter. Il y a donc, avant que le premier geste soit ébauché, une attente du public, pas forcément bienveillante, et qui n’a rien à voir avec la musique. Si le physique du chef est rarement évoqué, « la » chef, à aucun moment ne peut oublier la contrainte inhérente à sa condition féminine. Derrière elle, elle devine ce qu’expriment les regards qu’elle ne voit pas, elle sait qu’au début du concert sa silhouette sera scrutée, commentée. On comprend d’autant mieux qu’elle ait voulu évoquer la gestique. Par le geste, qui ne signifie pas la même chose de face ou de dos, elle va s’emparer des musiciens – qui de plus suivent la mimique – et du public. Ainsi ne vivra plus que la musique, libérée des contingences – des contraintes – qu’il fallut d’abord outrepasser.

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