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Archive for janvier 2015

Arlette Albert-Birot, « Michel Nicoletti », Triages, revue littéraire et artistique, Saint-Benoît-du-Sault, Tarabuste éditions, n°22, juin 2010, p. 4-2. L’article était accompagné de poèmes inédits et de documents aimablement rassemblés par Christine Bourrus.

Michel Nicoletti

Que le poète presque nonagénaire, par-delà cette angoisse savourât pleinement la vie, fut peut-être la leçon exemplaire de compagnonnage heureux, où Michel reçut beaucoup, certes, mais où il ne donna pas moins. Merveilleux lecteur, dans tous les sens du terme, le poète débutant savait débusquer la poésie partout où elle se logeait dans l’œuvre du poète de Grabinoulor. Des heures durant, dans l’intimité de leurs rencontres, ils parlaient poésie. Les poètes ont toujours quelque pudeur dans ces conversations. Il semble pourtant que les deux hommes aient su mettre de côté toute contrainte dans un dialogue qui fut leur jardin secret. Au soir de ces doux lundis, je retrouvais Pierre Albert-Birot heureux. Fraternel merci, ami Michel !

Nicoletti mettait la dernière main à un recueil. Albert-Birot lui proposa spontanément un « Prélude ». Tel critique, qui reconnut immédiatement en Nicoletti la voix d’un vrai poète, lui fit cependant reproche, dans sa chronique, d’avoir sollicité ce parrainage. Il s’attira une réponse dont voici quelques fragments :

Cher René Lacôte, […] je vous demande la permission de faire une petite mise au point en ce qui touche mon ami Michel Nicoletti. C’est à peine s’il a souhaité ma présentation, mais moi, j’ai senti en lui une vraie sensibilité de poète […] et je me suis dit : voici le poète naissant que je demandais il y a cinquante ans, et j’ai eu un peu le désir de le dire à la page liminaire de son premier recueil, il m’a semblé que c’était juste […].

Pierre Albert-Birot

 

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Arlette Albert-Birot, « D’un palais à l’autre », plaquette de présentation, exposition à l’Abbaye aux Dames, Caen, 1994, p. 7. 

Michel Mousseau

Lorsque l’éditeur choisit de publier un Pierre Albert-Birot, les choses furent un peu différentes, puisqu’il s’agissait de puiser dans le fonds d’un poète disparu. Aux dix poèmes de Mon Palais, allaient répondre dix dessins de Michel Mousseau, directement inspirés par le texte, et présentés en regard du manuscrit.

Le propos du poète était ambitieux et s’inscrivait dans sa quête fondamentale. Il imaginait de poser la première pierre, puis d’élever peu à peu le Palais de Poésie, orgueilleux palais du verbe, défi triomphant de la parole de « Pierre le Constructeur ». Poème après poème s’édifie la merveille, exceptionnelle Tour d’ivoire qui, à peine dressés, semble évidemment dérisoire à son architecte, lequel reconnaît dès le septième poème, que sa construction a des airs de néant, et qu’il lui faut envoyer le palais au diable pour donner toute la place à l’âme.

Une thématique, une parabole convenant bien à Michel Mousseau qui put s’emparer d’un univers rejoignant le sien, lui qui décomposait, recomposait inlassablement le monde environnant, traque infinie, défi à l’espace, volonté d’appropriation, mais aussi de métamorphose.

D’un chaos initial plein de promesses, le crayon de l’artiste fit émerger des formes, ordonna au fil des dessins des éléments de l’apparent disparate. Peu à peu, la Tout-Palais émergea dans une plénitude trompeuse et déjà menacée, vite abandonnée pour un retour à l’abstraction pure d’un univers mental.

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